Subjonctif présent
Le subjonctif présent est un mode essentiel pour exprimer tout ce qui n'est pas considéré comme une réalité certaine : le souhait, le doute, l'obligation, l'émotion. Maîtriser son emploi est crucial pour le Brevet, tant dans la rédaction (pour nuancer son propos) que dans les questions de grammaire, où il faut souvent justifier son utilisation après certaines conjonctions ou verbes de sentiment.
Définition
Le subjonctif est un mode personnel qui exprime une action ou un état envisagé par la pensée, mais non réalisé dans les faits. Il s'oppose à l'indicatif, qui présente les faits comme réels. On le rencontre principalement dans des propositions subordonnées introduites par 'que'.
Cours détaillé
Le subjonctif présent est le temps du subjonctif le plus couramment employé. Son usage remonte au latin et il s'est maintenu en français pour marquer la subjectivité. On le trouve abondamment dans la littérature, notamment chez les auteurs du XIXe siècle comme Victor Hugo pour exprimer des souhaits ardents ou chez les dramaturges du XXe siècle comme Jean Anouilh pour traduire la volonté ou l'obligation morale des personnages. Il est souvent déclenché par un verbe principal exprimant un sentiment (vouloir, craindre, regretter), un doute, une volonté, ou par certaines conjonctions (bien que, pour que, afin que).
Règles essentielles
Après un verbe de volonté/souhait
Le subjonctif est obligatoire dans la subordonnée introduite par 'que' lorsque le verbe principal exprime une volonté, un souhait, un désir ou un ordre.
Après un verbe de sentiment/doute
Le subjonctif s'emploie après un verbe principal exprimant un sentiment (joie, tristesse, peur) ou un doute, lorsque la subordonnée est introduite par 'que'.
Après certaines conjonctions
Les conjonctions de subordination exprimant le but, la concession, la condition ou la temps (dans un contexte hypothétique) imposent généralement le subjonctif dans la proposition qu'elles introduisent.
Dans les propositions au superlatif relatif
Le subjonctif est utilisé dans une proposition relative introduite par 'que' lorsqu'elle complète un superlatif (le plus, le moins, le meilleur, le seul, l'unique, le premier, le dernier).
Astuces
- Pense à l'acronyme 'VDDC' pour retenir les principaux déclencheurs : Volonté, Doute, Désir, Concession (et sentiment).
- Pour les verbes du 3e groupe, retiens les terminaisons communes : -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent. Ex: que je prenne, que tu viennes, qu'il doive.
- Méfie-toi des verbes 'penser' et 'croire' : à la forme affirmative, ils demandent l'indicatif ('Je pense qu'il vient'). À la forme négative ou interrogative, ils peuvent demander le subjonctif ('Je ne pense pas qu'il vienne').
Exemples résolus
Analyse la phrase suivante et explique pourquoi le verbe 'partir' est au subjonctif : 'Il faut absolument que nous partions avant la nuit.'
Le verbe 'partir' est conjugué au subjonctif présent ('que nous partions') car il est dans une proposition subordonnée introduite par 'que' qui dépend du verbe principal 'faut' (verbe 'falloir'). 'Falloir' exprime une nécessité, une obligation, ce qui déclenche l'emploi du subjonctif.
La règle appliquée est celle du subjonctif après un verbe exprimant la volonté ou l'obligation. 'Il faut que' est une structure impersonnelle très courante qui impose systématiquement le subjonctif dans la proposition qui suit.
Dans cette citation de Molière, identifie le verbe au subjonctif et justifie son emploi : 'Bien que je sois le maître, je vous demande votre avis.' (Le Bourgeois gentilhomme)
Le verbe au subjonctif est 'sois' (conjugué de 'être'). Il est employé car il suit la conjonction de subordination 'Bien que', qui exprime une concession.
La conjonction 'bien que' (comme 'quoique', 'malgré que') introduit toujours une proposition au subjonctif. Elle marque une opposition entre deux faits : ici, le fait d'être le maître et le fait de demander l'avis.
Conjugue le verbe 'pouvoir' au subjonctif présent dans la phrase : 'Je cherche un endroit où nous _____ nous reposer.'
La phrase correcte est : 'Je cherche un endroit où nous puissions nous reposer.' (Subjonctif présent : que nous puissions).
Ici, le subjonctif est déclenché par l'idée de but ou de caractéristique souhaitée. On cherche un endroit ayant la capacité (pouvoir) de nous permettre de nous reposer. Cette notion de but/possibilité recherchée appelle souvent le subjonctif après un relatif ('où', 'que').
Erreurs à éviter
Confondre l'indicatif et le subjonctif après 'espérer'. Ex: *'J'espère qu'il viendra' (correct à l'indicatif futur) vs *'J'espère qu'il vienne' (erreur).
✓ Le verbe 'espérer', à la forme affirmative, est suivi de l'indicatif (futur ou présent). On dit : 'J'espère qu'il viendra.' ou 'J'espère qu'il vient.'
C'est une exception importante. 'Espérer' présente le fait comme suffisamment probable pour utiliser l'indicatif. Ce n'est qu'à la forme négative ('Je n'espère pas que...') que le doute s'intensifie et qu'on peut parfois trouver le subjonctif, mais l'indicatif reste possible.
Utiliser le subjonctif après 'après que'. Ex: *'Après qu'il soit parti, nous avons fermé la porte.'
✓ Après 'après que', on utilise l'indicatif car l'action est considérée comme accomplie. Il faut dire : 'Après qu'il est parti, nous avons fermé la porte.'
Il ne faut pas confondre 'après que' (indicatif) avec 'avant que' (subjonctif). 'Après que' introduit un fait réel et passé, donc l'indicatif. Une astuce : remplace mentalement 'après que' par 'une fois que' pour vérifier.
Mauvaise terminaison pour 'nous' et 'vous' avec les verbes du 1er groupe. Ex: *'Il faut que nous chantons' au lieu de 'Il faut que nous chantions'.
✓ Au subjonctif présent, les terminaisons pour 'nous' et 'vous' sont toujours -ions et -iez, même pour les verbes du 1er groupe.
C'est une faute très fréquente car à l'indicatif présent, on dit 'nous chantons'. Il faut retenir que la terminaison du subjonctif est fixe : -ions pour 'nous', -iez pour 'vous'. Pense à la forme 'que nous ayons', 'que vous soyez' comme modèles.
Quiz rapide
Q1.Dans quelle phrase le subjonctif est-il correctement employé ?
La bonne réponse est B : 'Il veut que tu finisses tes devoirs.' Le verbe 'vouloir' exprime une volonté et impose le subjonctif. A est faux ('sûr que' + indicatif). C est faux ('après que' + indicatif). D est faux ('penser que' à la forme affirmative + indicatif).
Q2.Quelle est la terminaison correcte du subjonctif présent pour 'ils' avec un verbe du 3e groupe comme 'prendre' ?
La bonne réponse est A : -ent. Au subjonctif présent, la terminaison pour la 3e personne du pluriel ('ils/elles') est toujours -ent, quel que soit le groupe du verbe. Ex: qu'ils prennent, qu'ils viennent, qu'ils fassent. '-ont' est la terminaison de l'indicatif futur (ils prendront).
Q3.Quelle conjonction N'IMPOSE PAS systématiquement le subjonctif dans la proposition qu'elle introduit ?
La bonne réponse est D : 'Parce que'. 'Parce que' introduit une cause, un fait considéré comme réel, et est donc suivi de l'indicatif. Ex: 'Il est content parce qu'il a réussi.' Les autres options ('pour que', 'bien que', 'afin que') imposent toutes le subjonctif car elles expriment respectivement le but et la concession.
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