La concordance des temps
La concordance des temps est une règle grammaticale essentielle pour rapporter correctement les paroles ou les pensées de quelqu'un. Elle permet de maintenir la cohérence temporelle entre le moment de l'énonciation et le moment rapporté. Maîtriser cette règle est crucial pour le Brevet, notamment dans les exercices de réécriture et pour éviter les fautes dans la rédaction.
Définition
La concordance des temps est l'ensemble des règles qui régissent l'accord des temps verbaux dans une proposition subordonnée, en fonction du temps utilisé dans la proposition principale. Dans le discours rapporté au style indirect, elle permet d'adapter les temps du discours direct en fonction du verbe introducteur.
Cours détaillé
La concordance des temps s'est fixée à l'époque classique, au XVIIe siècle, avec des auteurs comme Molière qui respectaient scrupuleusement ces règles pour la clarté du récit. Elle repose sur un système logique qui distingue les actions simultanées, antérieures ou postérieures par rapport au moment de la parole. Cette rigueur temporelle est fondamentale dans la narration et l'analyse littéraire, permettant de situer précisément les événements les uns par rapport aux autres.
Règles essentielles
Présent / Futur → Imparfait / Conditionnel
Si le verbe introducteur est à un temps du passé (passé simple, imparfait, passé composé), le présent du discours direct devient à l'imparfait, et le futur simple devient au conditionnel présent.
Passé composé → Plus-que-parfait
Si le verbe introducteur est à un temps du passé, le passé composé (ou tout temps du passé) du discours direct se transforme en plus-que-parfait.
Futur antérieur → Conditionnel passé
Si le verbe introducteur est à un temps du passé, le futur antérieur du discours direct se transforme en conditionnel passé.
Verbe introducteur au présent / futur
Si le verbe introducteur est au présent, au futur ou à l'impératif, les temps du discours direct restent inchangés dans le discours indirect.
Astuces
- Pense à la chronologie : Imparfait = action simultanée au passé, Plus-que-parfait = action antérieure, Conditionnel = action postérieure.
- Mémo : « Si le verbe principal est au passé, les suivants font un pas en arrière » (Présent → Imparfait, Passé composé → Plus-que-parfait, Futur → Conditionnel).
- Vérifie toujours l'identité du sujet lors de la transformation pour accorder correctement les verbes et les pronoms.
Exemples résolus
Transforme la phrase suivante du discours direct au discours indirect en respectant la concordance des temps : « Je ne comprends pas cette leçon », soupira l'élève.
L'élève soupira qu'il ne comprenait pas cette leçon.
Le verbe introducteur 'soupira' est au passé simple (temps du passé). Le présent 'comprends' du discours direct doit donc se transformer à l'imparfait 'comprenait'. Le pronom 'je' devient 'il' pour s'accorder avec le sujet 'l'élève'.
Applique la concordance des temps : Il annonça : « Dès que j'aurai reçu la réponse, je vous préviendrai. »
Il annonça que dès qu'il aurait reçu la réponse, il nous préviendrait.
Le verbe introducteur 'annonça' est au passé. Le futur antérieur 'aurai reçu' se transforme en conditionnel passé 'aurait reçu'. Le futur simple 'préviendrai' se transforme en conditionnel présent 'préviendrait'. Les pronoms personnels sont aussi adaptés.
Mets la phrase suivante au style indirect en commençant par « Le professeur explique que... » : « Les élèves doivent étudier cette règle pour demain. »
Le professeur explique que les élèves doivent étudier cette règle pour le lendemain.
Le verbe introducteur 'explique' est au présent. Donc, la concordance des temps n'impose pas de changement de temps verbal. Le présent 'doivent' reste au présent. Seul l'indicateur de temps 'demain' est adapté en 'le lendemain'.
Erreurs à éviter
Il a dit qu'il est malade. (avec un verbe introducteur au passé)
✓ Il a dit qu'il était malade.
L'erreur est de conserver le présent 'est' alors que le verbe introducteur 'a dit' (passé composé) est à un temps du passé. La règle impose de passer à l'imparfait 'était' pour indiquer la simultanéité de l'état de maladie avec le moment où il a parlé.
Elle pensa qu'elle a réussi son examen.
✓ Elle pensa qu'elle avait réussi son examen.
L'action de 'réussir' est antérieure à l'action de 'penser'. Comme 'pensa' est au passé simple, le passé composé 'a réussi' doit se transformer en plus-que-parfait 'avait réussi' pour marquer cette antériorité dans le passé.
Il crut qu'il pleuvra le lendemain.
✓ Il crut qu'il pleuvrait le lendemain.
L'action de 'pleuvoir' est postérieure au moment où 'il crut'. Avec un verbe introducteur au passé ('crut'), le futur simple 'pleuvra' doit se transformer en conditionnel présent 'pleuvrait' pour exprimer ce futur dans le passé.
Quiz rapide
Q1.Quelle est la transformation correcte de : « Je viens » dit-il ?
La bonne réponse est 'Il a dit qu'il venait.' car le verbe introducteur 'a dit' est à un temps du passé (passé composé). Le présent 'viens' du discours direct doit donc se transformer à l'imparfait 'venait'. 'Il dit qu'il vient' serait correct si le verbe introducteur était au présent.
Q2.Si le verbe principal est à l'imparfait, que devient le futur simple du discours direct ?
La règle stipule qu'avec un verbe introducteur à un temps du passé (comme l'imparfait), le futur simple se transforme en conditionnel présent pour exprimer une action postérieure vue depuis ce passé. Exemple : « Je partirai » → Il disait qu'il partirait.
Q3.Dans la phrase « Il affirma : 'J'avais déjà mangé' », quelle est la transformation correcte au style indirect ?
La bonne réponse est 'Il affirma qu'il avait déjà mangé.' Le plus-que-parfait 'avais mangé' du discours direct exprime une antériorité. Dans le discours indirect avec un verbe introducteur au passé ('affirma'), il reste au plus-que-parfait ('avait mangé') pour conserver cette relation d'antériorité par rapport au moment de l'affirmation.
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