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Leçon 3/5

Emplois du subjonctif

15-20 min Difficulté : Moyen

Le subjonctif présent est un mode essentiel pour exprimer non pas la réalité, mais le souhait, le doute, l'ordre ou l'émotion. Maîtriser ses emplois est crucial pour le Brevet, tant dans la partie grammaire que pour enrichir l'expression écrite. Il permet de nuancer son propos et de respecter les constructions complexes de la langue.

Définition

Le subjonctif est un mode verbal qui exprime une action ou un état envisagé par la pensée, et non présenté comme un fait certain. Il s'emploie généralement dans une proposition subordonnée introduite par 'que'.

Cours détaillé

Le subjonctif s'est développé en français pour marquer la subjectivité. Contrairement à l'indicatif qui affirme un fait, le subjonctif traduit l'attitude du locuteur (volonté, sentiment, jugement). On le trouve abondamment dans la littérature, notamment chez les auteurs dramatiques comme Jean Anouilh ou les poètes comme Paul Éluard, pour exprimer des souhaits intenses ou des réalités idéales. Son emploi est souvent déclenché par un verbe principal exprimant un sentiment, un doute, une volonté ou un jugement.

Règles essentielles

Volonté et obligation

Le subjonctif s'emploie après un verbe principal exprimant un ordre, un souhait, un désir, une permission ou une interdiction.

Exemple : « Je veux que tu viennes. » (Verbe 'vouloir' exprimant un désir) – Exemple type de construction.

Sentiment et émotion

Il est requis après un verbe ou une locution exprimant un sentiment (joie, tristesse, peur, étonnement, regret).

Exemple : « Je suis heureux que vous soyez là. » (Expression d'un sentiment de joie)

Doute et incertitude

On utilise le subjonctif après un verbe niant ou mettant en doute la réalité du fait, ou exprimant une opinion incertaine.

Exemple : « Je ne crois pas qu'il ait raison. » (Négation de 'croire', donc doute) – Construction classique.

Jugement et nécessité

Il est nécessaire après des expressions impersonnelles qui portent un jugement de valeur ou indiquent la nécessité, la possibilité ou l'impossibilité.

Exemple : « Il faut que nous partions. » (Expression impersonnelle de nécessité, 'il faut')

Astuces

  • Pensez à la formule 'Il est + adjectif + que' qui appelle presque toujours le subjonctif (ex: Il est important que, Il est rare que).
  • Méfiez-vous des verbes comme 'penser' et 'croire' : à l'affirmatif, ils prennent l'indicatif ('Je pense qu'il vient'), mais à la forme négative ou interrogative, ils déclenchent le subjonctif ('Je ne pense pas qu'il vienne').
  • Pour retenir les grandes catégories, pensez à l'acronyme VSDJ : Volonté, Sentiment, Doute, Jugement (impersonnel).

Exemples résolus

Énoncé

Analyse la phrase suivante : 'Je souhaite que tu réussisses ton Brevet.' Pourquoi le verbe 'réussir' est-il au subjonctif ?

Solution

Le verbe 'réussisses' est au subjonctif présent. Il est dans une proposition subordonnée introduite par 'que', dépendant du verbe principal 'souhaite' qui exprime un souhait (catégorie Volonté).

La règle d'emploi est déclenchée par le verbe 'souhaiter'. Celui-ci exprime un désir, une volonté non réalisée. Le subjonctif est donc nécessaire pour marquer que l'action de 'réussir' est envisagée, souhaitée, mais non certaine au moment où l'on parle.

Énoncé

Dans la phrase 'Il est possible qu'il pleuve demain.', identifie le mode du verbe 'pleuvoir' et justifie ton choix.

Solution

Le verbe 'pleuve' est au subjonctif présent. Il suit l'expression impersonnelle 'Il est possible que', qui exprime une possibilité, un jugement incertain sur l'avenir.

Les locutions impersonnelles formées avec 'Il est + adjectif' (comme 'Il est possible', 'Il est nécessaire', 'Il est dommage') expriment un jugement ou une évaluation. Elles ne présentent pas le fait comme réel, mais comme envisagé, ce qui impose l'emploi du subjonctif dans la subordonnée.

Énoncé

Transforme cette phrase pour utiliser le subjonctif : 'Je regrette. Tu n'es pas venu.'

Solution

Phrase transformée : 'Je regrette que tu ne sois pas venu.'

Le verbe 'regretter' exprime un sentiment (ici, le regret). Lorsqu'il est suivi d'une proposition complétive introduite par 'que', il impose le subjonctif. 'Es' (indicatif) devient donc 'sois' (subjonctif présent de 'être').

Erreurs à éviter

Utiliser le subjonctif après 'penser' ou 'croire' à la forme affirmative. Exemple : 'Je pense qu'il soit gentil.'

Utiliser l'indicatif. Exemple : 'Je pense qu'il est gentil.'

Les verbes 'penser' et 'croire', lorsqu'ils sont à la forme affirmative, présentent l'action comme une opinion personnelle mais présentée comme réelle aux yeux du locuteur. Ils demandent donc l'indicatif. Le subjonctif n'apparaît qu'avec la négation ('Je ne pense pas qu'il soit...') ou l'interrogation ('Penses-tu qu'il soit... ?'), car on introduit alors du doute.

Confondre la terminaison du subjonctif présent avec celle de l'imparfait de l'indicatif pour les verbes du 1er groupe. Exemple : 'Il faut que tu chantais' (imparfait) au lieu de 'Il faut que tu chantes' (subjonctif).

Pour les verbes en -er, le subjonctif présent se termine par -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent. Exemple : que je chante, que tu chantes, qu'il chante.

C'est une erreur de conjugaison fréquente. Il faut mémoriser que le subjonctif présent des verbes du 1er groupe a des terminaisons spécifiques. Un bon moyen est de penser à la base du présent de l'indicatif 'ils' (ils chantent) et d'ajouter les terminaisons du subjonctif : e, es, e, ions, iez, ent.

Oublier le 'que' introducteur de la subordonnée au subjonctif. Exemple : 'Je veux tu viennes.'

Toujours ajouter 'que' après le verbe déclencheur. Exemple : 'Je veux que tu viennes.'

Le subjonctif s'emploie presque exclusivement dans une proposition subordonnée conjonctive. Cette subordonnée est introduite par la conjonction de subordination 'que'. Son absence rend la phrase agrammaticale. C'est un mot-outil indispensable dans la construction.

Quiz rapide

Q1.Dans quelle phrase le verbe de la subordonnée doit-il être au subjonctif ?

A.Je constate que tu as progressé.
B.Je suis sûr qu'il viendra.
C.Je doute qu'il fasse beau demain.
D.Il affirme que c'est vrai.

La bonne réponse est 'Je doute qu'il fasse beau demain.' car le verbe 'douter' exprime l'incertitude, ce qui déclenche le subjonctif ('fasse'). Dans les autres propositions, 'constater', 'être sûr' et 'affirmer' présentent les faits comme certains, ils demandent donc l'indicatif.

Q2.Quelle est la terminaison correcte du verbe 'finir' à la 3e personne du singulier au subjonctif présent ?

A.finit
B.finisse
C.finissait
D.finira

La bonne réponse est 'finisse'. Le subjonctif présent de 'finir' est : que je finisse, que tu finisses, qu'il finisse, que nous finissions... 'Finit' est le présent de l'indicatif, 'finissait' l'imparfait de l'indicatif, et 'finira' le futur de l'indicatif.

Q3.Après laquelle de ces expressions la subordonnée sera-t-elle à l'indicatif et non au subjonctif ?

A.Il est triste que...
B.Il semble que...
C.Il est vrai que...
D.Il faut que...

La bonne réponse est 'Il est vrai que...'. Cette expression présente le fait comme une certitude, elle appelle donc l'indicatif. 'Il est triste que' (sentiment), 'Il semble que' (doute/impression) et 'Il faut que' (nécessité) exigent tous le subjonctif.

Leçon terminée !

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Ketty