Exercices
La maîtrise de la phrase complexe est essentielle pour le Brevet, tant en rédaction qu'en analyse de texte. Savoir identifier les propositions et leurs liens logiques permet de comprendre la structure d'un argument ou d'un récit, et d'améliorer la précision de son expression écrite. Ces exercices visent à automatiser ces compétences d'analyse grammaticale.
Définition
Une phrase complexe est une phrase qui contient plusieurs verbes conjugués, donc plusieurs propositions. Ces propositions peuvent être indépendantes (coordonnées) ou dépendantes les unes des autres (subordonnées). L'analyse consiste à repérer ces propositions et à déterminer leur nature et leur fonction.
Cours détaillé
L'étude de la phrase complexe trouve son application directe dans l'analyse des textes littéraires au programme. Par exemple, les longues phrases descriptives de Zola dans 'Germinal' mêlent subordonnées relatives et circonstancielles pour créer une impression de profondeur et de détail. À l'inverse, le théâtre de l'absurde, comme dans 'La Cantatrice chauve' d'Ionesco, utilise parfois des phrases courtes et juxtaposées pour créer un effet de rupture. Comprendre ces structures, c'est comprendre les choix stylistiques des auteurs et leur impact sur le sens.
Règles essentielles
Repérage des propositions
Une proposition = un verbe conjugué. Il faut d'abord isoler chaque groupe verbal conjugué pour compter les propositions.
Proposition indépendante
Une proposition indépendante a un sens complet et ne dépend d'aucune autre. Elle peut être simple ou reliée à une autre par une conjonction de coordination.
Proposition subordonnée
Une proposition subordonnée dépend d'une proposition principale. Elle est introduite par un mot subordonnant (conjonction, pronom relatif, mot interrogatif).
Nature de la subordonnée
La nature d'une subordonnée est déterminée par son mot introducteur : conjonctive (si, que, quand...), relative (qui, que, dont, où...), ou interrogative indirecte.
Astuces
- Pour trouver les propositions, soulignez chaque verbe conjugué et encadrez son sujet.
- Mémorisez les principales conjonctions de subordination avec la phrase : « Mais où est donc Ornicar ? » qui donne : mais, ou, et, donc, or, ni, car (coordination) et « Que, quand, comme, si, puisque, lorsque, quoique » pour les subordonnants courants.
- Une subordonnée relative peut souvent être remplacée par un adjectif qualificatif (« la maison qui est bleue » → « la maison bleue »), ce qui aide à l'identifier.
Exemples résolus
Analyse la phrase suivante : « Bien qu'il fît très froid, nous décidâmes de sortir, car nous étions impatients. »
1. « Bien qu'il fît très froid » : Proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de concession (introducteur : 'Bien que'). 2. « nous décidâmes de sortir » : Proposition principale. 3. « car nous étions impatients » : Proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause (introducteur : 'car', qui est ici une conjonction de subordination). Trois propositions au total.
La solution est correcte car elle isole bien les trois verbes conjugués ('fît', 'décidâmes', 'étions'). Elle identifie correctement la nature des subordonnées grâce à leurs introducteurs ('Bien que' marque l'opposition/concession, 'car' marque la cause). Noter que 'car' introduit une proposition dépendante expliquant la décision.
Dans cette citation de Maupassant ('Bel-Ami'), identifie les propositions et leurs liens : « Il regardait devant lui, les yeux ouverts, sans penser à rien, jouissant seulement de cette quiétude délicieuse. »
1. « Il regardait devant lui » : Proposition principale. 2. « les yeux ouverts » : Proposition participiale (équivalente à une subordonnée circonstancielle de manière). 3. « sans penser à rien » : Proposition infinitive (introduite par 'sans'). 4. « jouissant seulement de cette quiétude délicieuse » : Proposition participiale (équivalente à une subordonnée circonstancielle de manière). Quatre propositions (une conjuguée, une infinitive, deux participiales).
La solution est complète car elle ne se limite pas aux verbes conjugués. Elle inclut les propositions non conjuguées (participe présent 'jouissant', gérondif sous-entendu, infinitif 'penser') qui forment des propositions à part entière dans l'analyse logique. C'est une structure complexe caractéristique du style descriptif de Maupassant.
« Si tu travailles avec assiduité, tu réussiras, à condition que tu gardes confiance. » Combien y a-t-il de propositions ? Précise leur nature.
Trois propositions. 1. « Si tu travailles avec assiduité » : Subordonnée conjonctive circonstancielle de condition. 2. « tu réussiras » : Proposition principale. 3. « à condition que tu gardes confiance » : Subordonnée conjonctive circonstancielle de condition (introducteur : 'à condition que').
L'analyse est correcte car elle distingue les deux subordonnées de condition, qui se rapportent toutes deux à la principale 'tu réussiras'. Il est important de noter qu'une principale peut avoir plusieurs subordonnées de même nature. Les introducteurs 'si' et 'à condition que' sont bien repérés.
Erreurs à éviter
Confondre une proposition infinitive ou participiale avec un simple groupe verbal.
✓ Les infinitives (introduites par un verbe de perception, déclaration, ou une préposition) et les participiales (avec un participe présent ou passé) sont des propositions à part entière.
Contre-exemple : Dans « Je le vois venir », 'venir' n'est pas un complément d'objet direct mais le verbe d'une proposition infinitive ('le' est son sujet). Astuce : Si l'infinitif ou le participe a son propre sujet (exprimé ou sous-entendu), c'est une proposition.
Oublier que 'que' peut être pronom relatif ou conjonction de subordination.
✓ Il faut vérifier la fonction de 'que' dans la proposition qu'il introduit.
« Le livre que je lis est passionnant. » Ici, 'que' est pronom relatif COD de 'lis' (je lis le livre). « Je souhaite que tu viennes. » Ici, 'que' est conjonction de subordination, elle n'a pas de fonction dans la subordonnée. Astuce : Si on peut remplacer 'que' par 'lequel, laquelle', c'est un pronom relatif.
Penser qu'une proposition principale ne peut être qu'au début de la phrase.
✓ La proposition principale peut être intercalée entre des subordonnées ou placée à la fin.
Exemple : « Quand il pleut, ce qui est fréquent ici, je reste à la maison. » La principale est « je reste à la maison ». La subordonnée circonstancielle « Quand il pleut » et la subordonnée relative « ce qui est fréquent ici » s'intercalent. Il faut toujours chercher la proposition qui ne dépend de personne.
Quiz rapide
Q1.Combien de propositions compte cette phrase de Camus ? « Dans la profondeur de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été. »
La bonne réponse est 'Une proposition simple'. Il n'y a qu'un seul verbe conjugué ('ai découvert'). Les groupes « Dans la profondeur de l'hiver » et « en moi un invincible été » sont des compléments circonstanciels et un COD, pas des propositions. Les autres options sont fausses car elles supposent plusieurs verbes conjugués.
Q2.Quelle est la nature de la proposition introduite par 'qui' dans cette phrase de La Fontaine ? « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. »
La bonne réponse est 'Subordonnée relative'. 'Qui' est un pronom relatif sujet du verbe 'écoute'. La proposition « qui l'écoute » complète l'antécédent 'celui'. Ce n'est pas une conjonctive (pas d'introducteur comme 'que', 'si'), ni une indépendante (elle dépend de 'celui'), ni une infinitive (pas d'infinitif).
Q3.Dans la phrase « Je doute qu'il vienne, bien qu'il l'ait promis. », quelles sont les deux subordonnées ?
La bonne réponse est 'Une complétive et une circonstancielle de concession'. « qu'il vienne » est une subordonnée conjonctive complétive (COD du verbe 'doute'). « bien qu'il l'ait promis » est une subordonnée conjonctive circonstancielle de concession (introducteur 'bien que'). Il n'y a pas de relative (pas de pronom relatif), ni d'interrogative indirecte, ni de subordonnée de temps.
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