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Leçon 5/6

Les propositions conjonctives

15-20 min Difficulté : Moyen

Dans une phrase complexe, les propositions conjonctives sont des subordonnées essentielles pour exprimer des relations logiques (cause, conséquence, but, temps...). Savoir les identifier et les analyser est crucial pour le Brevet, notamment dans les questions de grammaire et pour améliorer l'expression écrite en variant les constructions de phrases.

Définition

Une proposition conjonctive est une proposition subordonnée introduite par une conjonction de subordination (simple ou composée). Elle dépend d'une proposition principale et ne peut pas être supprimée sans nuire au sens de la phrase. Elle joue un rôle essentiel (complément circonstanciel ou complétif) dans la phrase complexe.

Cours détaillé

Les propositions conjonctives apparaissent dès le XVIIe siècle dans la langue classique pour structurer le raisonnement et nuancer la pensée. Les auteurs comme Voltaire ou Molière les utilisent abondamment pour exprimer des relations logiques précises. Elles se distinguent des propositions relatives (introduites par un pronom relatif) et des propositions interrogatives indirectes. Leur analyse repose sur l'identification de la conjonction introductrice et la détermination de sa fonction (cause, temps, but, conséquence, condition, concession).

Règles essentielles

Conjonctions simples

Les conjonctions de subordination simples sont : que, quand, comme, si, lorsque, puisque, quoique. Elles introduisent une proposition conjonctive.

Exemple : "Je veux que tu partes immédiatement", ordonna le capitaine. (Victor Hugo, 'Les Misérables')

Conjonctions composées

Les conjonctions de subordination composées sont des locutions formées de plusieurs mots : afin que, pour que, bien que, avant que, après que, dès que, parce que, etc.

Exemple : "Il faut agir avant que le malheur n'arrive." (Jean de La Fontaine, 'Fables', 'Le Laboureur et ses Enfants')

Fonction circonstancielle

La proposition conjonctive peut avoir la fonction de complément circonstanciel de la principale. Il faut alors préciser la nature du lien (temps, cause, but, conséquence, condition, concession).

Exemple : "Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris." (Victor Hugo, 'Les Feuilles d'automne') - CC de temps

Fonction complétive

La proposition conjonctive introduite par 'que' peut aussi être complétive. Elle est alors COD, sujet ou attribut du sujet de la principale, et n'exprime pas une circonstance.

Exemple : "Je pense, donc je suis." (René Descartes, 'Discours de la méthode') - 'que je suis' est sous-entendu, fonction COD de 'pense'.

Astuces

  • Pour mémoriser les principales conjonctions simples : la phrase 'Que Quand Comme Si Lorsque Puisque Quoique' (QQCSLPQ).
  • Pour distinguer une conjonctive d'une relative : remplacez la conjonction par 'le fait que'. Si la phrase reste cohérente, c'est une conjonctive. Ex: 'Je sais qu'il viendra' -> 'Je sais le fait qu'il viendra' (OK).
  • Attention au 'que' : il peut être conjonction de subordination (proposition conjonctive), pronom relatif (proposition relative) ou mot interrogatif (proposition interrogative indirecte). Observez le mot qui le précède.

Exemples résolus

Énoncé

Analyse la phrase suivante : 'Il partira lorsque la cloche sonnera.' Identifie la proposition conjonctive et sa fonction.

Solution

Proposition principale : 'Il partira'. Proposition conjonctive : 'lorsque la cloche sonnera'. Introduite par la conjonction de subordination 'lorsque'. Fonction : complément circonstanciel de temps de la principale.

La proposition 'lorsque la cloche sonnera' est une subordonnée car elle ne peut pas exister seule et est introduite par 'lorsque'. Elle précise le moment de l'action 'partira', elle en est donc le complément circonstanciel de temps.

Énoncé

Dans la phrase de Maupassant : 'Il était si faible qu'il ne pouvait se lever.', identifie la relation logique exprimée par la proposition conjonctive.

Solution

Proposition principale : 'Il était si faible'. Proposition conjonctive : 'qu'il ne pouvait se lever'. Introduite par la locution conjonctive 'si... que...'. Relation logique : conséquence.

La locution 'si... que...' marque une relation de conséquence entre l'intensité de la faiblesse (exprimée dans la principale) et l'incapacité à se lever (exprimée dans la subordonnée). C'est un CC de conséquence.

Énoncé

Extrait de 'L'Étranger' de Camus : 'J'ai pensé que je n'avais pas besoin de m'ennuyer encore.' La proposition conjonctive est-elle circonstancielle ou complétive ? Justifie.

Solution

Proposition conjonctive : 'que je n'avais pas besoin de m'ennuyer encore'. Introduite par 'que'. Fonction : complétive, COD du verbe 'ai pensé'.

La proposition 'que je n'avais pas besoin...' n'exprime pas une circonstance (temps, cause...), mais le contenu même de la pensée. Elle est donc complément d'objet direct du verbe de pensée 'ai pensé'. C'est une proposition conjonctive complétive.

Erreurs à éviter

Confondre une proposition conjonctive avec une proposition relative.

Identifier le mot introducteur : conjonction (que, quand, comme, si...) pour la conjonctive ; pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel...) pour la relative.

Erreur : 'La maison qu'il a achetée est grande.' (Ici, 'qu'' est pronom relatif COD de 'a achetée', c'est une relative). Astuce : si on peut remplacer par 'lequel/laquelle', c'est une relative. Si on peut remplacer par 'le fait que', c'est une conjonctive.

Oublier que 'que' peut être une conjonction de subordination et analyser toute proposition en 'que' comme une relative.

Vérifier la fonction de 'que' dans la subordonnée. S'il n'a pas de fonction (sujet, COD, COI...), c'est une conjonction.

Dans 'Je crois qu'il viendra', 'que' n'est ni sujet ni COD de 'viendra'. Il introduit simplement la subordonnée, c'est une conjonction. Dans 'L'homme que je vois', 'que' est COD de 'vois', c'est un pronom relatif.

Ne pas reconnaître les conjonctions composées et les analyser mot à mot.

Apprendre les principales locutions conjonctives (avant que, après que, pour que, afin que, bien que, etc.) et les considérer comme un bloc introducteur.

Dans 'Je travaille pour que tu sois fier', 'pour que' est une locution conjonctive unique exprimant le but. Il ne faut pas séparer 'pour' et 'que' dans l'analyse. 'Pour' seul serait une préposition.

Quiz rapide

Q1.Quel mot introducteur signale une proposition conjonctive ?

A.Un pronom relatif (qui, que, dont...)
B.Une conjonction de subordination (que, quand, si...)
C.Un adverbe interrogatif (où, comment, pourquoi...)
D.Une préposition (à, de, dans, sur...)

Une proposition conjonctive est introduite par une conjonction de subordination (simple : que, quand, comme, si... ; ou composée : afin que, parce que...). Les pronoms relatifs introduisent des propositions relatives, les adverbes interrogatifs des interrogatives indirectes, et les prépositions introduisent des groupes nominaux, pas des propositions.

Q2.Dans la phrase de Prévert : 'Je suis comme je suis.', quelle est la fonction de la proposition conjonctive 'comme je suis' ?

A.Complément d'objet direct
B.Complément circonstanciel de manière
C.Complément du nom
D.Sujet

La proposition 'comme je suis', introduite par la conjonction 'comme', précise la manière d'être. Elle répond à la question 'comment suis-je ?'. C'est donc un complément circonstanciel de manière du verbe 'suis' de la principale.

Q3.Parmi ces phrases, laquelle contient une proposition conjonctive complétive (et non circonstancielle) ?

A.Il partira quand tu arriveras.
B.Je sais qu'il a réussi son examen.
C.Nous agirons bien qu'il proteste.
D.Tu réussiras si tu travailles.

Dans 'Je sais qu'il a réussi son examen', la proposition 'qu'il a réussi son examen' est le contenu du savoir, le COD du verbe 'sais'. Elle n'exprime pas une circonstance (temps, concession, condition). Les autres options sont des CC de temps ('quand'), de concession ('bien que') et de condition ('si').

Leçon terminée !

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Ketty