La subordination
La subordination est un mécanisme essentiel pour exprimer des relations logiques complexes entre les idées. Maîtriser la phrase complexe, et notamment la distinction entre coordination et subordination, est une compétence clé pour l'épreuve de français du Brevet. Elle permet d'analyser avec précision la construction du sens dans les textes littéraires et d'enrichir sa propre expression écrite.
Définition
La subordination est le lien grammatical qui unit une proposition subordonnée (dépendante) à une proposition principale (indépendante). La subordonnée ne peut exister seule et complète le sens de la principale. Ce lien est établi par un mot de liaison spécifique appelé subordonnant.
Cours détaillé
La subordination permet d'intégrer une idée secondaire (la subordonnée) à une idée principale, créant ainsi des relations de cause, de conséquence, de temps, de but, de condition ou de concession. Historiquement, son usage s'est développé pour nuancer la pensée et construire des raisonnements complexes. Dans la littérature du XIXe siècle, les écrivains réalistes comme Émile Zola l'utilisent abondamment pour décrire avec précision les causes et les effets dans leurs récits. Par exemple, dans 'Germinal', les longues phrases subordonnées détaillent les enchaînements sociaux et économiques qui mènent à la grève. La subordonnée est introduite par un mot-outil : une conjonction de subordination (que, quand, comme, si, puisque...), un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où) ou un mot interrogatif (si, quand, comment...).
Règles essentielles
La proposition subordonnée
Une proposition subordonnée est une proposition qui dépend d'une autre (la principale) et ne peut former une phrase autonome. Elle est introduite par un subordonnant.
Les subordonnants
Le subordonnant est le mot qui introduit la proposition subordonnée et indique la nature du lien (conjonctive, relative, interrogative).
Subordonnée conjonctive
La subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination (que, quand, comme, si, puisque, parce que...). Elle peut être complétive (COD) ou circonstancielle.
Subordonnée relative
La subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel...). Elle complète un nom ou un pronom (son antécédent) présent dans la proposition principale.
Astuces
- Pour reconnaître une subordonnée, cherchez le mot introducteur (subordonnant) et vérifiez si la proposition qui suit pourrait être une phrase seule. Si elle ne le peut pas, c'est une subordonnée.
- Mémo pour les principales conjonctions de subordination : 'Pour Que Papa Vienne, Il Faut S'habiller Comme Si De Rien N'était' (Pour, Que, Puisque, Quand, Bien que, Comme, Si, Lorsque, Quoique, Afin que, De sorte que).
- Pour différencier 'que' pronom relatif de 'que' conjonction : remplacez 'que' par 'lequel, laquelle...'. Si c'est possible, c'est un pronom relatif. Ex: 'Le livre que je lis' -> 'Le livre lequel je lis' (relatif). 'Je sais que tu viens' -> impossible (conjonction).
Exemples résolus
Identifie la proposition subordonnée et son subordonnant dans la phrase : « Je veux que tu sois heureux. »
Proposition subordonnée : 'que tu sois heureux'. Subordonnant : la conjonction de subordination 'que'.
La proposition 'que tu sois heureux' ne peut pas être une phrase autonome (elle commence par 'que'). Elle dépend de la principale 'Je veux' pour avoir un sens complet. 'Que' est ici une conjonction de subordination introduisant une subordonnée conjonctive complétive, COD du verbe 'veux'.
Analyse la phrase de Charles Baudelaire : « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis. » (Les Fleurs du Mal, 'Spleen'). Identifie la principale et la subordonnée.
Proposition subordonnée : 'Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle'. Proposition principale (sous-entendue) : '[cela arrive] Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis.'. Subordonnant : 'Quand'.
'Quand' introduit une subordonnée circonstancielle de temps. La principale est elliptique (son verbe n'est pas exprimé mais sous-entendu, du type 'cela arrive' ou 'cela se produit'). La subordonnée précise le moment où l'action de la principale se réalise.
Dans la phrase « La maison dont le toit est rouge appartient à ma tante. », identifie la nature de la subordonnée et son antécédent.
Nature : subordonnée relative. Antécédent : 'La maison'. Subordonnant : le pronom relatif 'dont'.
La proposition 'dont le toit est rouge' apporte une précision sur le nom 'maison', qui est son antécédent. Elle est introduite par le pronom relatif 'dont', qui remplace ici 'de la maison' (le toit de la maison). Une relative complète toujours un nom ou un pronom.
Erreurs à éviter
Confondre une subordonnée avec une proposition indépendante coordonnée.
✓ Vérifier la présence d'un subordonnant et l'autonomie de la proposition.
Erreur : « Il est fatigué, donc il se couche. » (coordination par 'donc') n'est PAS une subordination. Correction : Une subordination nécessite un mot introducteur spécifique (que, quand, si...). « Il se couche parce qu'il est fatigué. » est une subordination (introduite par 'parce que').
Oublier que la subordonnée relative a un antécédent.
✓ Toujours chercher le nom ou le pronom que complète la relative.
Erreur : Dire « J'ai vu l'homme qui parle. » sans identifier 'l'homme' comme antécédent de 'qui'. Correction : Dans toute relative, le pronom relatif (qui, que, dont, où...) renvoie à un mot de la principale. Ici, 'qui' = 'l'homme'. Posez la question : Qui parle ? L'homme.
Croire que 'que' est toujours une conjonction de subordination.
✓ 'Que' peut aussi être un pronom relatif. Il faut faire le test de remplacement.
Erreur : Analyser le 'que' dans « Le livre que je lis » comme une conjonction. Contre-exemple et astuce : Testez en remplaçant 'que' par 'lequel'. « Le livre lequel je lis » fonctionne, donc 'que' est ici un pronom relatif. Dans « Je sais que tu lis », le remplacement est impossible, c'est une conjonction.
Quiz rapide
Q1.Quel est le mot qui introduit toujours une proposition subordonnée ?
La bonne réponse est 'Un subordonnant'. C'est le terme générique pour désigner le mot-outil (conjonction, pronom relatif, mot interrogatif) qui introduit une proposition subordonnée et marque sa dépendance. Un verbe est le noyau d'une proposition, pas son introducteur. La ponctuation sépare des éléments mais n'introduit pas de subordination. Un adjectif qualifie un nom.
Q2.Dans la phrase de Molière : « Je vis de bonne soupe, et non de beau langage. » (Le Bourgeois gentilhomme), y a-t-il une subordination ?
La bonne réponse est : 'Non, il s'agit d'une coordination par 'et'.'. 'Et' est une conjonction de coordination (comme dans MODONOC : Mais, Ou, Et, Donc, Or, Ni, Car). Elle relie deux propositions indépendantes de même fonction ('Je vis de bonne soupe' et '[je] ne vis pas de beau langage'). Aucun subordonnant n'est présent.
Q3.« La ville où je suis né est en bord de mer. » Quelle est la nature de la proposition introduite par 'où' ?
La bonne réponse est 'Subordonnée relative'. 'Où' est ici un pronom relatif qui a pour antécédent 'La ville'. La proposition 'où je suis né' apporte une précision sur ce nom. Ce n'est pas une circonstancielle (elle n'est pas introduite par une conjonction comme 'là où'). Ce n'est pas une interrogative (la phrase n'est pas une question). Ce n'est pas une principale car elle dépend de 'La ville ... est en bord de mer'.
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