En août 1914, beaucoup de soldats partent en pensant rentrer avant Noël. Ils reviendront quatre ans plus tard, ou pas du tout.
De 1914 à 1918, les États mobilisent toutes leurs ressources. Près de dix millions de militaires meurent ; les civils subissent des violences de masse. Les traités laissent de profondes tensions.
Pourquoi l’Europe bascule-t-elle en 1914 ?
Au début du XXe siècle, les grandes puissances européennes sont liées par deux alliances. La Triple-Entente réunit la France, le Royaume-Uni et la Russie ; la Triple-Alliance réunit l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. Chaque pays promet d’aider ses alliés en cas d’attaque, et cette promesse peut transformer un conflit local en guerre européenne.
Le 28 juin 1914, à Sarajevo, l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand, est tué par un nationaliste serbe. L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, et l’engrenage des alliances entraîne la Russie, puis l’Allemagne, puis la France. En quelques jours, en août 1914, presque toute l’Europe est en guerre. L’Italie, elle, reste neutre, puis entre en guerre en 1915 contre ses anciens alliés.
Les états-majors ont préparé une guerre courte. Les armées avancent en effet pendant l’été 1914 : c’est la guerre de mouvement. Mais en septembre, l’armée française arrête l’avancée allemande sur la Marne. Plus personne ne parvient à percer : les soldats creusent le sol pour se protéger, et la guerre de mouvement devient une guerre de position.
Exemple résolu
Expliquez comment la mort d’un homme, à Sarajevo, a pu entraîner la guerre dans toute l’Europe.
- Étape 1 : Je date l’attentat : 28 juin 1914.
- Étape 2 : Je repère l’attaque austro-hongroise contre la Serbie.
- Étape 3 : Je relie alliances, mobilisations et décisions politiques.
- Étape 4 : Je distingue causes profondes et déclencheur.
Résultat : L’attentat déclenche une crise austro-serbe dans une Europe déjà divisée par des rivalités et des alliances. Les mobilisations et décisions des gouvernements étendent le conflit : Russie, Allemagne, France puis Royaume-Uni entrent en guerre.
Piège à éviter : Sarajevo est le déclencheur ; rivalités et alliances sont des causes plus anciennes.
À toi d'essayer
Sur la carte, Rome n’a pas la même couleur que Berlin et Vienne, alors que l’Italie appartient à la Triple-Alliance. Pourquoi ?
Coup de pouce : Relis la légende de la carte, puis le passage sur l’Italie.
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La Triple-Alliance est une alliance défensive. L’Italie considère qu’elle n’est pas obligée de suivre l’offensive austro-hongroise et choisit la neutralité en 1914. Elle entre en guerre en 1915 aux côtés de l’Entente. Une alliance ne provoque donc pas automatiquement l’entrée en guerre de tous ses membres.
Dans les tranchées : trois ans de front immobile
À partir de la fin de 1914, le front ouest forme une ligne continue de la mer du Nord à la frontière suisse, longue d’environ 700 kilomètres. Les soldats y creusent des tranchées, des fossés assez profonds pour tenir debout sans être vu. Devant elles s’étendent des réseaux de barbelés, puis une bande de terrain vide labourée par les obus.

Le quotidien du soldat, appelé en France le poilu, mêle l’attente et la peur : la boue, les rats, les poux, le bruit des obus, puis l’assaut à découvert. L’armement a changé : mitrailleuses, artillerie lourde, gaz de combat employés dès 1915, chars à partir de 1916. Ces armes tuent de loin et en grand nombre.
La bataille de Verdun, de février à décembre 1916, est le symbole de cette guerre : dix mois de combats sur quelques kilomètres carrés, plusieurs centaines de milliers de morts et de blessés des deux côtés, et un front qui a à peine bougé.
Exemple résolu
Sujet de type brevet : à l’aide du schéma de la tranchée, expliquez pourquoi les assauts font autant de victimes.
- Étape 1 : Je repère tranchées, barbelés et terrain découvert.
- Étape 2 : Je distingue protection et assaut.
- Étape 3 : Je relie armes et terrain.
Résultat : Les tranchées protègent mieux des tirs directs. Pour attaquer, les soldats doivent sortir, franchir les barbelés et traverser un terrain découvert, exposé aux mitrailleuses et à l’artillerie : les pertes sont lourdes pour de faibles gains.
Piège à éviter : Il faut relier l’armement à la forme du terrain, pas seulement citer des armes modernes.
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De 1915 à 1917, le front ouest ne se déplace quasiment pas. Quel mot du cours désigne cette situation, et que signifie-t-il ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Une guerre totale : tout le pays est mobilisé
Une guerre totale est une guerre où un État engage toutes ses ressources : ses soldats, mais aussi son économie, sa science, son argent et l’opinion de sa population. Elle ne se joue plus seulement sur le front, mais aussi à l’arrière, c’est-à-dire dans le pays, loin des combats.

- Des usines civiles sont reconverties en usines d’armement ; les femmes y remplacent les hommes partis au front.
- L’État emprunte à ses habitants pour payer la guerre, et rationne la nourriture et le charbon.
- Les empires coloniaux fournissent des soldats et des travailleurs.
- La presse est censurée et la propagande entretient le moral.
Les conséquences sont profondes. Des femmes exercent des métiers qui leur étaient fermés, même si beaucoup devront céder leur place au retour des hommes. Et parce qu’elle participe à l’effort de guerre, la population devient elle aussi une cible.
Exemple résolu
Sujet de type brevet : montrez, par trois exemples précis, que la Première Guerre mondiale est une guerre totale.
- Étape 1 : Je définis la guerre totale.
- Étape 2 : Je cite les usines d’armement.
- Étape 3 : J’ajoute femmes, colonies et censure.
Résultat : La guerre mobilise l’armée et l’arrière : les usines produisent des obus, les femmes occupent des emplois auparavant masculins, les colonies fournissent soldats et travailleurs. La censure et la propagande encadrent l’opinion.
Piège à éviter : Mondiale désigne l’étendue du conflit ; totale, les ressources mobilisées.
Au brevet : rédiger un développement construit
- Repère le verbe de la consigne.
- Note dates, lieux et vocabulaire.
- Organise deux ou trois paragraphes, une idée chacun.
- Pour chaque idée, donne un exemple précis.
- Conclus en répondant à la consigne ; relis les noms propres.
Violences de masse et génocide des Arméniens
On parle de violence de masse quand la violence ne vise plus seulement des soldats, mais des populations entières, de façon organisée et à grande échelle. Pendant la guerre, des régions sont occupées, des habitants déportés ou astreints au travail forcé, des villes bombardées.
Le cas le plus grave est le génocide des Arméniens. À partir d’avril 1915, dans l’Empire ottoman, le gouvernement fait arrêter les responsables arméniens, puis déporter la population arménienne vers les déserts de Syrie. Les colonnes meurent de faim, de soif et d’épuisement, ou sont massacrées. Selon les estimations, plusieurs centaines de milliers à plus d’un million de personnes périssent.
Un génocide n’est pas un massacre parmi d’autres : c’est l’extermination voulue et organisée d’un groupe humain entier, visé pour ce qu’il est et non pour ce qu’il a fait.
Vocabulaire
- Guerre totale :
- Guerre où un État engage toutes ses ressources : armée, économie, argent, opinion.
- Guerre de position :
- Phase où les armées retranchées face à face ne parviennent plus à avancer.
- Tranchée :
- Fossé creusé par les soldats, assez profond pour s’y tenir debout à l’abri des tirs.
- Violence de masse :
- Violence organisée qui frappe des populations entières, pas seulement des combattants.
- Génocide :
- Extermination voulue et organisée d’un groupe humain, visé pour ce qu’il est.
- Armistice :
- Accord qui arrête les combats. Seul le traité de paix met fin à la guerre.
Sortir de la guerre : 1917, 1918, Versailles
En 1917, des mutineries éclatent dans l’armée française et des grèves dans les usines. En Russie, deux révolutions se succèdent ; les bolcheviks prennent le pouvoir en octobre selon le calendrier russe. Ils signent la paix de Brest-Litovsk le 3 mars 1918 : la Russie quitte alors le conflit. Les États-Unis, eux, sont entrés en guerre aux côtés de l’Entente en avril 1917.
En 1918, le front redevient mobile : les offensives allemandes du printemps échouent, puis les Alliés avancent. Le 11 novembre 1918, l’armistice est signé et les combats cessent. La paix, elle, reste à négocier.
Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919, cinq ans jour pour jour après Sarajevo. Il désigne l’Allemagne comme responsable de la guerre, lui impose de lourdes réparations, limite son armée et lui retire colonies et territoires : l’Alsace et la Lorraine redeviennent françaises. Absents des négociations, les Allemands parlent d’un traité imposé. Ce ressentiment pèsera lourd dans les années 1930.
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Pourquoi peut-on dire que l’armistice du 11 novembre 1918 ne met pas fin à la guerre ?
Coup de pouce : Compare les définitions d’armistice et de traité de paix.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Ce que la guerre laisse derrière elle
| Domaine | Avant 1914 | Après 1918 |
|---|---|---|
| Europe | Quatre grands empires | Ils disparaissent entre 1917 et 1922 ; de nouveaux États naissent |
| La guerre | Des guerres antérieures peuvent déjà être longues et meurtrières | Guerre longue, industrielle, totale |
| Civils | Des civils sont déjà victimes de guerres et de massacres | Déportés, bombardés ; un génocide commis |
| Paix | Équilibre entre alliances | Traité contesté en Allemagne dès 1919 |
Erreurs fréquentes à éviter
| Ce qu’on écrit souvent | Ce qui est exact |
|---|---|
| Sarajevo est la cause de la guerre | C’en est le déclencheur ; les causes sont les rivalités et les alliances |
| Guerre totale veut dire guerre mondiale | Totale décrit ce qu’un pays engage, pas l’étendue du conflit |
| La guerre finit le 11 novembre 1918 | Les combats cessent ; la paix est signée le 28 juin 1919 |
À retenir
- La guerre dure de 1914 à 1918 et oppose la Triple-Entente aux Empires centraux.
- Après quelques semaines de mouvement, le front se fige : c’est la guerre de position.
- C’est une guerre totale : économie, femmes, colonies et opinion sont mobilisées.
- Les civils subissent des violences de masse ; le génocide des Arméniens commence en avril 1915.
- L’armistice du 11 novembre 1918 arrête les combats, le traité de Versailles du 28 juin 1919 impose la paix.
Fiche de révision
Six dates, dans l’ordre
28 juin 1914 Sarajevo, septembre 1914 la Marne, avril 1915 génocide des Arméniens, 1916 Verdun, 11 novembre 1918 armistice, 28 juin 1919 Versailles.
Guerre totale, un exemple par domaine
usines reconverties, femmes et soldats des colonies, censure et propagande.
Ne pas confondre
armistice arrête les combats, traité de paix termine la guerre, génocide désigne une extermination organisée.
Versailles en quatre mots
responsabilité, réparations, territoires, armée limitée. Et une conséquence : le ressentiment allemand.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on les soldats français les poilus ?
Le mot poilu désignait déjà, avant 1914, un homme courageux et vigoureux. Il devient un surnom populaire des soldats français pendant la guerre. Il ne vient donc pas simplement de leur barbe ou du manque de rasage dans les tranchées.
La guerre s’est-elle déroulée uniquement en Europe ?
Non. Il y a des combats au Proche-Orient, en Afrique et sur les mers, et les empires coloniaux fournissent soldats et travailleurs : c’est pour cela qu’on parle de guerre mondiale.
Pourquoi le traité de Versailles est-il si mal accepté en Allemagne ?
Parce qu’elle n’a pas participé aux négociations, qu’elle est désignée responsable de la guerre et qu’elle doit payer de lourdes réparations. Beaucoup d’Allemands y voient une humiliation.
